Bilan du Tour de France en SportStar

Log de Nav

Je ne détaillerai pas ici tout ce qu’il s’est passé, ça a déjà été fait à travers nos vidéos quotidiennes et des articles dans les médias disponibles ci-dessous. Bon visionnage !

Vidéos quotidiennes

Une image vaut mieux que mille mots, nous avons donc essayé de capturer au mieux cette aventure tout au long des journées. Chaque soir, nous avons monté une vidéo reprenant les paysages et les rencontres marquantes qui ont fait ce Tour de France. La liste de lecture ci-dessous reprend tout le voyage, de sa genèse à sa fin !

France 3

France 3 Limousin a suivi notre aventure avec un reportage TV le jour du départ, ainsi qu’avec un article par jour à chaque étape. Nous y expliquons plus en détail notre ressenti sur chaque journée ainsi que des anecdotes. Retrouvez les articles ici : Préparation à J-1, Limoges ✈ Ouessant, Ouessant ✈ Saint-Brieuc, Saint-Brieuc ✈ Rouen, Rouen Chambéry, Chambéry ✈ Cuers, Cuers ✈ Béziers, et Béziers ✈ Limoges.

Aviation et pilote

Ce magazine à destination des pilotes a également relayé nos actualités. Nous y avons détaillé plus de détails techniques qui pourront intéresser les pilotes.

Ils veulent promouvoir l’aviation générale

Le tour de France de Gabin et Victor, la suite

Gabin et Victor goûtent à la montagne

Epopée de Gabin et Victor : après la montagne, la mer…

Gabin et Victor : « notre bilan du Tour de France »

Le Populaire du Centre

Le journal bien connu des Limougeauds nous a consacré un article lors de notre préparation.

Mairie de Limoges

La mairie était également là pour couvrir notre départ, à travers d’un article sur Facebook.

Journaux régionaux

Les aéroclubs qui nous ont accueillis ont aussi proposé des articles dans des journaux régionaux : Var Matin et Hérault Tribune.

Débriefing

Quelques chiffres

  • 9 jours très bien remplis de 7h à 1h du matin
  • 26h de vol, c’est un peu moins que prévu grâce au vent majoritairement favorable.
  • 1781 NM parcourus, soit 3330 km.
  • 21 escales sur toute la France
  • Altitude mini : 500 ft (150 m) sous les stratus à Ouessant, maxi 9500 ft (2900 m) autour du pic du Midi
  • 9 vidéos pour un total de 22 minutes, soit environ 20 heures de montage.

La mission

L’idée du Tour de France a germé il y a 3 mois, mon frère était partant. Il s’en est suivi une intense préparation, entre le choix du trajet, la préparation de toutes la navigations, les appels à tous les aéroclubs rencontrés, la communication (affiches, site, vidéo de presentation), la recherche de partenaires ainsi que la logistique (logements, poids des bagages…).

Le choix du SportStar pour voler s’est très vite imposé. Avec seulement 96€/h, il reste moins cher en terme d’€/NM pour deux personnes que nos avions 4 places. Une superbe visibilité, l’autonomie, le confort, la facilité de pilotage et la technologie des EFIS ont fini de nous convaincre de prendre cet avion plutôt destiné à l’école pour entreprendre ce long voyage.

La longue préparation a payé, car tout s’est déroulé comme prévu, voire mieux. Les deux jours supplémentaires à Ouessant nous ont permis de découvrir cette très belle île dans le détail. Puis la météo a laissé place à un grand ciel bleu toute la semaine.

Ce Tour de France était un vrai challenge pour moi : j’allais voler beaucoup d’heures par jour, dans des régions et sur des terrains où je n’étais jamais allés, et tous avaient leur particularités. Avec suffisamment de préparation, tout s’est bien passé, et nous avons pris un immense plaisir à voler cette semaine.

Le plaisir de voler

Les paysages que nous avons traversés étaient aussi variés que somptueux, entre la mer, la campagne et la montagne. Les pilotes savent mieux que quiconque que la vue du ciel est la plus belle pour apprécier une région. Ces images resteront à jamais gravées dans nos mémoires.

Nous avons également fait beaucoup de rencontres, de très belles rencontres. À chacune de nos étapes, il y avait toujours quelqu’un pour nous accueillir, même lorsqu’on est arrivés deux jours plus tard que prévu, ou sur des terrains de déroutement. La convivialité, le partage et la passion animent tous les pilotes, et le modèle des aéroclubs les catalyse. Nous avons rencontrés de très nombreux bénévoles, venus sur le terrain pour discuter, aider, accueillir, échanger et s’envoler. C’est cette force qui fait de cette communauté une grande famille. Le message que l’on en retire est : venez passer du temps au club même s’il ne fait pas assez beau pour voler, profitez-en pour échanger des histoires, des anecdotes, des bons plans et pour prévoir vos prochains vols ensemble. C’est comme cela que le trésor des aéroclubs continuera d’exister !

Personnellement, je retire de ce tour une grande satisfaction, mais aussi l’envie d’aller toujours voler plus loin. Quand on est jeune pilote, il faut se motiver pour partir plusieurs jour à l’aventure, à un seul avion et comme seul pilote. Mais une fois qu’on a goûté à cette liberté, on n’a plus qu’une seule envie : recommencer !

Lancez-vous !

Si vous êtes pilote et qu’une aventure semblable vous fait envie, voici quelques conseils que je peux vous donner pour mener à bien votre aventure.

Trouver un thème

Comme la majorité des pilotes privés, on va d’abord voler pour se faire plaisir. Si vous avez les moyens, foncez ! Mais si vous espérez des partenariats, votre seul plaisir ne suffira probablement pas à convaincre des donateurs. Nous avons fait le pari de nous démarquer en communicant sur et au sein de la communauté de l’aviation générale, mais votre voyage peut aussi prendre la forme d’une compétition (rallye), d’un record (distance, temps, âge…) ou avoir une vocation solidaire ou humanitaire.

Recherche de sponsors

Idéalement, les sponsors que vous viserez seront en adéquation avec votre thème. Nous nous sommes focalisés sur les entreprises du secteur de l’aviation générale (FFA, Total, Mach7, Wingly, Bose, Boutique Aéro, La boutique du pilote, Aérobatix, Dimatex, Evektor, Aero4you, AirCraftRenting…). Ce fut difficile, malgré nos efforts constants, seules deux de ces entreprises ont accepté de nous soutenir substantiellement (Aero4you et Dimatex). Si j’avais à le refaire, je viserais également des entreprises locales, des artisans, des banques, des supermarchés, en leur promettant une visibilité dans les médias locaux. Cela avait mieux fonctionné pour d’autres pilotes ayant fait des épopées du même genre.

Pour viser des sponsors, il faut avoir bien préparé son dossier (littéralement). Pour vous aider, voici un exemple d’un de nos dossiers de sponsoring.

dossier de sponsoring Tour de France.pdf

Préparer les navs

Ce fut un gros challenge pour moi. Même avec des outils puissants comme Mach7 pour les préparer, il me faut généralement plusieurs heures d’analyse en amont pour faire une navigation vers un terrain où je n’ai jamais volé. Et avec parfois 4h de vol par jour, les rencontres et le montage des vidéos, je ne pouvais pas me permettre de ne pas préparer à fond et en avance chacune des 21 navigations.

J’ai d’abord tracé sur Mach7 un parcours grossier passant par les régions que je souhaitais survoler, puis ajusté le trajet en fonction du budget et du nombre d’heures de vol. Après avoir défini les escales, j’ai communiqué sur les groupes de pilotes sur Facebook. Des invitations sympathiques sont parvenues d’un peu partout en France, ce qui a légèrement modifié le parcours et les escales.

Enfin, j’ai préparé sur Mach7 un vol par journée avec les escales adéquates. Ce n’était pas plus compliqué que de préparer une navigation classique, juste plus long : bien étudier les cartes VAC, le relief, les zones, les SUP-AIP, les NOTAMs, les briefings arrivée, et enfin la météo. La documentation aéronautique est standard, mais avec plein de particularités. J’ai souvent demandé conseil à mon instructeur, il ne faut pas hésiter. Mieux vaut être sur d’avoir compris quelque chose plutôt que d’être en infraction ou mort. Pour ne rien oublier, j’imprimais une checklist pré-nav sur la demi-page droite de mon log de nav Mach7. Je la relisais en montant dans l’avion avant chaque vol pour me rafraîchir la mémoire. La voici en pdf :

Checklist prénav.pdf

En relevant le temps de vol prévu et le carburant nécessaire pour le vol, j’ai ensuite créé un tableau excel me permettant de gérer le carburant. Ce tableau a une double utilité. Grâce à lui, je pouvais savoir en avance si j’avais besoin d’avitailler sur une étape donnée, et de combien de litres environ. Très pratique pour privilégier la SP98 à la 100LL, et pour prévenir en avance les aéroclubs de mes besoins. Deuxième utilité : en cas d’imprévu (déroutement, vent de face, pas de carburant disponible), je pouvais rapidement ajuster ce tableau avec mon ordinateur portable sur l’aile de l’avion et connaître mon temps d’attente disponible avant chaque nav. Simple, rapide, efficace.

Voici le tableau que j’ai utilisé. Bien entendu, c’est à titre informatif, à ajuster à votre avion. Il n’est pas documenté, donc à vous de bien comprendre ce qu’il fait. Je ne saurai être tenu responsable de son usage.

autonomie tour de france.xlsx

Logistique

Pour le logement, je ne saurai que vous conseiller de passer la nuit dans des hébergements « flexibles » : des amis ou de la famille. D’abord, c’est toujours plus sympathique qu’à l’hôtel. Mais aussi, la famille ne prend pas de frais d’annulation en cas de météo, et fait souvent taxi… Nous avions un temps considéré faire du « camping » sous l’aile de l’avion, mais c’est compliqué pour plusieurs raisons : on a besoin de se laver, de manger et boire (les aéroports sont souvent loin des commerces), de recharger nos équipements électriques, le camping sur aérodrome n’est pas toujours toléré, et le matériel (tente et duvets) est lourd et encombrant. Bien dormir est important,surtout quand on sait que la fatigue est accidentogène.

Les bagages étaient aussi un challenge. Si vous prévoyez de voler à 2 ou 3 dans un avion 4 places, la question ne se pose peut-être pas. Mais nous ne pouvions pas faire le plein avec deux grands gaillards et leurs affaires pour une semaine dans le SportStar. Ceci dit, cet avion est assez flexible contrairement aux autres de sa catégorie. Avec environ 20 kg de bagages, nous pouvions quand même emporter 90L de carburant, soit 5h d’autonomie. De quoi voir venir. Le tableau excel téléchargeable ci-dessus permet d’ajuster la quantité de carburant embarquée (et donc l’autonomie) en fonction des bagages.

S’aider de la technologie

Pour voler autant dans les conditions les plus sûres, j’ai préféré m’aider d’autre chose que d’une boussole, une montre, un papier et un crayon. J’ai même pris le parti de ne pas embarquer de carte en papier. Mon instrument de navigation principal est l’EFIS Dynon Skyview intégré dans le SportStar. J’ai pu charger le fond de carte OACI 1/500000ème ainsi que l’ensemble des cartes VAC françaises sur les deux EFIS grâce à PocketFMS (instructions détaillées en français). Ensuite, en exportant mes navigations depuis Mach7 (format .gpx) et en mettant ces fichiers sur les clés USB de l’avion, j’importais ces navs en tant que Flight Plan sur l’EFIS. Il n’y a plus qu’à mettre l’avion sur le trait, et même dans les rectangles « Highway in the sky (HITS) » sur le PFD. Trop facile ! Bien sûr, il ne faut pas oublier de regarder dehors, mais ces outils sont d’une aide précieuse : calcul en direct du vent, du log de nav, de la quantité de carburant restante, aide au contrôle du plan de descente… autant de fonctions qu’on apprécie quand on sait les utiliser à bon escient.

En montagne, le relief apparait aussi sur la carte, en rouge s’il est au-dessus de nous, en jaune s’il est à moins de 1000 ft. Très pratique une fois qu’on est sous les nuages, pour estimer la largeur du col qu’on va traverser. Notez aussi le relief sur la vue synthétique du PFD (à gauche).

Les EFIS sont très redondants : deux écrans, deux ordinateurs, deux batteries, deux récepteurs GPS, ce qui rend très faible la probabilité d’incident. Néanmoins, j’avais également Mach7 sur mon iPad et mon iPhone, avec toutes les cartes sur chaque appareil. Un triple backup en somme, donc pas besoin de carte papier.

Conclusion

Merci de m’avoir lu jusqu’ici. J’espère vous avoir donné envie de piloter plus loin et d’aller faire de belles rencontres dans nos aéroclubs. Et qui sait, pourquoi pas en SportStar, cet avion est aussi fait pour ça !

Si vous avez des questions, j’y répondrai avec plaisir : tourdefrance [at] aeroclublimoges.fr

2 comments for “Bilan du Tour de France en SportStar

  1. 2 juillet 2018 at 11 h 54 min

    Bonjour,
    félicitations pour cette belle aventure. Merci aussi pour les détails de voyage et la conclusion, qui relatent bien les difficultés rencontrées lors des voyages en VFR.

    Personnellement je me serais quand même aidé des cartes OACI papier pour la préparation des vols. Je les trouve bien utiles pour avoir devant soi toute l’étendue d’une région à traverser, et prévoir les aérodromes de dégagement.

    C’est une très belle expérience que vous avez vécue. Elle permet à la fois de découvrir des terrains inexplorés, des régions différentes, et d’accroître le nombre d’heures de vol.

    N’hésitez pas à faire le détour par l’Alsace la prochaine fois et venez nous voir. Vous serez bien accueillis, et l’Est recèle des joyaux pour les pilotes.

    Armand

    • aeroclub
      2 juillet 2018 at 12 h 00 min

      Merci Armand !

      Personnellement, je trouve plus facilement des informations (dont les VAC) sur la tablette qu’en dépliant la carte papier, mais chacun ses habitudes !

      On a bien envie d’explorer l’Est et le Nord aussi, peut-être l’année prochaine !

      Gabin

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