Rallye Aéro France 2018

Ce compte-rendu relate les aventures des pilotes du Rallye Aéro France 2018, du point de vue de pilotes de l’Aéroclub d’Angers-Marcé, qui ont emmené notre PA28 jusqu’en Géorgie !

12 Pays survolés : Italie – Slovénie – Croatie – Serbie – Bulgarie – Turquie – Géorgie – Roumanie – Hongrie – Autriche – Allemagne – France
56 heures de vol

Le RAF (Rallye Aero France) dirigé par Jean-Michel COLLINEAU avait choisi la Turquie et la Géorgie pour sa 25° édition.

Comme l’année précédente, l’ACAM était représentée par deux de ses pilotes, Yvon et Bruno, accompagnés de Françoise. F-GHYT et F-HAAM n’étant pas possibles, Gérard nous a aimablement proposé de nous mettre à disposition F-PMIT, un jabiru J400 basé à Vichy Charmeil. Malheureusement, un incident technique nous a amenés à devoir chercher une autre solution. L’aéroclub de Limoges a accepté en dernière minute de nous confier F-HBAV (PA28 warrior II). Grand merci à Christian Dalbin et Elie Sirieix dont l’aide nous a été précieuse pour boucler l’affaire dans des délais très courts.

Yvon a été chercher l’avion à Limoges et l’a ramené à Bourges, lieu de rendez-vous de l’équipage. À noter l’accueil chaleureux de l’aéroclub de Bourges dont le président, Christian, a accepté de nous laisser garer l’avion à l’abri dans un hangar, pour deux nuitées, en attendant le départ. Partis de Bourges et équipés de Skydemon, Airnav Pro et VFR Odonati, plus le Garmin de l’avion, nous n’avons pas eu de mal, après une verticale Lyon Bron et malgré une MTO maussade, à trouver les 1950 mètres du terrain de Cuers Pierrefeu (LFTF) où nous avons retrouvé avec plaisir des voisins d’Ancenis, La Flêche et Saint Nazaire. Merci à Alain de Cuers pour son accueil et ses efforts pour fluidifier l’arrivée des 18 avions qui ont participé au rallye.

Samedi 16 juin

Le départ officiel du rallye est donc donné à Cuers le Samedi 16 juin, et nous voici cap en direction de Portoroz (LJPZ), station balnéaire en vogue sur l’Adriatique Slovène que nous atteignons après un vol de 380 NM, et après avoir survolé Saint Tropez (et son célèbre terrain à usage restreint de La Môle), Cannes, Monaco puis Venise où nous avons repéré un aérodrome sympa pour des voyages ultérieurs.

Dimanche 17 Juin

De nouveau dans l’avion avec en point mire Nis (LYNI) (395 NM), l’aéroport international Constantin-le-Grand, second aéroport de Serbie. Mais attention : interdiction de pénétrer en Bosnie au sud de notre route, a priori pour cause de tir possible de missiles anti grêle. Le temps de faire le plein, et d’y passer la nuit, contrairement à nos prévisions, MTO oblige ! Et dès le lendemain matin, direction Primorsko (LBPR), un petit aérodrome proche de Burgas LBBG, aéroport international dans le sud est de la Bulgarie. Sympathique réception des autorités locales, malgré l’imprévu de dernière minute.

C’est loin la Géorgie, mais se profile déjà la Turquie avec Istanbul (LTBQ) (165 NM) que nous rejoignons le lendemain lundi 18 juin et que nous prenons le temps de visiter le mardi 19 et le mercredi 20 juin. İstanbul s’est autrefois appelée Byzance, puis Constantinople. Elle est située à cheval entre la Thrace et l’Anatolie, les deux parties de la ville étant séparées par le détroit du Bosphore que nous sommes autorisés à survoler à 1500 pieds, 100 knots. Grandiose ! Merci Mr COLLINEAU d’avoir oeuvré avec les autorités turques pour nous offrir cette expérience unique.

 

Nous avons bien sûr profité des 2 jours à terre pour visiter, à pied cette fois, Istanbul : la mosquée Bleue, la mosquée de Soliman, la Basilique Saint Sophie, le palais Topkapi, le marché aux épices et le grand bazar et en bateau avec une croisière sur le Bosphore.

Départ au matin le jeudi 21 juin pour La Cappadoce (LTAZ) (240 NM) notre deuxième étape et région touristique en Anatolie (Turquie), site inscrit en 1985 par l’UNESCO sur la liste des sites protégés du patrimoine de l’humanité. Nous y restons le vendredi 22 juin pour visiter les magnifiques formations géologiques ainsi qu’une ville souterraine. Un baptême montgolfière était prévu pour tout le groupe mais, manque de chance, la MTO n’était pas de la partie. À noter que nous avons été hébergés pendant les deux nuits dans un hôtel troglodytique : surprenant, original, mais confortable et bien sympathique.

À noter aussi une expérience intéressante : suivre à la TV un match de la coupe du monde de football, avec les commentaires en turc !

Samedi 23 Juin

La Cappadoce LTAZ – Batumi UGSB ( 370 Nautiques) Nous arrivons en Géorgie et c’est là que Françoise nous quitte car, travail oblige, il faut être à pied d’œuvre le lundi 25. Retour par la ligne : Batumi – Istanbul, puis Istanbul – Paris.
À noter la réception officielle et l’accueil du rallye sur le tarmac par le ministre de l’économie et une autorité administrative locale (équivalent du préfet de région), et par une équipe de télévision. Nous sommes même passés aux informations le soir à la télévision.

 

Dimanche 24 Juin

Batumi UGSB – Natakhtari UGSA

Le point compliqué de cette nav est l’atterrissage car il y a une ligne électrique en bout de la 28 (hauteur 150 pieds), ce qui explique pourquoi la piste n’est pas utilisable dès son seuil. Heureusement, on s’est posé sur la 10, et sans remise de gaz !

Lundi 25 Juin

Natakhtari – UGSA – Telavi UGGT et retour Mardi 26 Juin Telavi UGGT – Natakhtari
UGSA
Deux itinéraires possibles : une directe, « plate » sous réserve de monter à 7000 pieds ou une « touristique » sur un relief plus découpé où il faut côtoyer FL 100 ou FL 110. Et là aussi des possibles missiles anti grêles, heureusement prévenus par Notam. Compte tenu de la MTO, nous optons pour la directe en croisant les doigts pour que la MTO soit clémente pour le retour, ce qui fut le cas, et nous avons ainsi profité d’une vue superbe des massifs montagneux pour le vol retour. Nous profitons de l’étape pour visiter la cave à Telavi, là même où Staline achetait son vin, et nous avons eu le droit à un exposé fort intéressant sur l’origine du vin, et bien sûr à des dégustations en fin de visite.

Mercredi 27 juin

Natakhtari UGSA – Maestia UGMS (140 Nautiques)
Le point d’orgue du voyage !
Queen Tamar Airport (UGMS) est un petit aérodrome desservant Maestia, une petite ville de Géorgie. Son nom vient de la reine Tamar the Great qui a régné de 1184 to 1213. L’aérodrome est dans une vallée située à 5000 pieds et entourée de sommets atteignant 12000 pieds. Tout un poème pour s’y poser ! Il est préférable de ne pas se rater car une remise des gaz serait très problématique.
Paysages grandioses mais vigilance et concentration maximum. Par ailleurs, on a très vite compris que notre PA28 n’irait guère au-dessus de FL110 et il a fallu slalomer un peu pour ne pas couvrir de neige le nez de notre avion.

Visite de la région : magnifique ! Et montée en 4×4 jusqu’au village le plus haut d’Europe avec en limite une chapelle orthodoxe d’une autre époque.

Jeudi 28 Juin

Maestia UGMS – Kutaisi UGKO 60 Nautiques
Là encore, relief impressionnant et saisissant, avant de redescendre tranquillement vers l’aérodrome militaire de Kutaisi en prenant soin d’éviter la zone interdite russo-indépendantiste au nord de la Géorgie.

Vendredi 29 Juin

Kutaisi UGKO – ENGYZ LTFI ( 330 Nautiques) puis Engyz LTFI – Primorsko LBPR (420 Nautiques)

Samedi 30 Juin

Primorsko LBPR – Bucarest LRBS (160 nautiques)
Visite du palais Primaverii (la maison de de Ceausescu), dans l’un des plus beaux quartiers de la ville. Luxe et démesure : voilà en résumé ce palais Primaverii. Stop pour la nuit.

Dimanche 01 Juillet

Bucarest LRBS – Oradea LROD (210 Nautiques)
Oradea LROD – Voslau LOAV (270 Nautiques)
Certains avions du groupe on pu transiter au dessus du fleuve dans Vienne Centre, mais pas tous car les opportunités étaient en fonction des vols IFR.

Lundi 02 Juillet

Vienne : Visite du château de Schönbrunn

Visite de la ville, dégustation de pâtisserie dans l’établissement « Must » de la ville,
et visite de l’usine Diamond située à proximité le lendemain.

Mardi 03 Juillet

Voslau LOAV – Nancy Essey LFSN (430 Nautiques )

Fin Officielle du Rallye !
Mais pas tout à fait quand même car il nous a fallu rejoindre Bourges pour que Bruno y récupère sa voiture et rentre dare-dare à Angers pour être à pied d’oeuvre au travail le lendemain matin. C’est donc Yvon qui a ramené l’avion à Limoges le lendemain pour clore définitivement l’aventure. Que retenir de ces 21 jours sinon le souvenir d’avoir participé à un voyage hors norme. Un grand merci tout d’abord à Jean Michel COLLINEAU, l’organisateur en chef sans qui ce voyage n’aurait jamais pu avoir lieu. Que de persistance pour négocier et obtenir les autorisations administratives, convaincre les dubitatifs, organiser toute la logistique et faciliter les formalités de douane et de police qui ont été réduites au minimum, y compris en Turquie et en Géorgie. Merci aussi à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la faisabilité, à nos instructeurs, à l’académie Blanchard et bien d’autres encore.
Et enfin, un très grand merci à l’aéroclub de Limoges qui nous a fait confiance en mettant à notre disposition F-HBAV qui a rempli sa mission sans faillir et a soutenu la comparaison avec des avions plus puissants et plus huppés.

Yvon, Bruno, Françoise

 

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